« Vous êtes la honte de la Répuplique, vous êtes entrés dans une église »

Rendez-vous était donné à 17h30 ce jeudi 18 octobre pour soutenir La Garenne et les migrants, place de l’hôtel de ville à Rouen. Une membre du collectif a pris la parole pour rappeler les conditions précaires d’accueil des migrants et la nécessité de réagir à une politique de plus en plus défavorable à ceux qui arrivent sur le territoire.

La manifestation est alors rapidement partie, remontant la rue Louis Ricard au son de différents slogans habituels : « Nous sommes tous des enfants d’immigrés ». Le cortège, d’une centaine de personnes, était composé d’exilés et de ceux, de divers horizons politiques, qui les soutiennent. Le trajet annoncé devait passer par le foyer de l’abbé Basire, lieu d’accueil réguliers de ceux qui n’ont pas d’autres solutions que la rue. Arrivé devant le théâtre des 2 Rives, le cortège a marqué une accélération soudaine pour s’engouffrer rue joyeuse, mettant ainsi la police en déroute.
Les manifestants sont alors entrés dans l’ancien foyer de jeunes filles/ancien couvent. Une ancienne bâtisse, immense, vide depuis deux ans et qui vient d’être rachetée pour être transformée en immeuble d’habitation. Une cinquantaine de personnes est restée dedans, pendant que les cinquante autres étaient à l’extérieur.
La police arrive rapidement sur le lieu, tente à plusieurs reprises d’entrer par un mur de côté et ce, malgré les preuves que cette occupation dure depuis le 16 octobre, donc depuis plus de 24 heures. Le prétexte avancé est qu’une nonne se trouverait encore à l’intérieur - elle n’a jamais été trouvée par les occupants éphémères.

La BAC qui essaie de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment occupé de manière illégale.

La police entreprend alors de faire les sommations d’usage, fait reculer ceux qui sont devant la porte afin d’enfoncer la porte à coups de bélier et d’en faire sortir, par la force, les occupants.
Une fois à l’intérieur, la police arrête et contrôle une vingtaine de personnes qui n’ont pas pu prendre la fuite. Elles sont relâchées aussitôt mais avec la menace d’être convoquées utltérieurement pour dégradations, etc. Un policier en profite pour partager ses pensées et gratifie les occupants de cette phrase : « Vous êtes la honte de la Répuplique, vous êtes entrés dans une église ». (sic)

Les policiers, après les sommations, devant le bâtiment.

On compte pour l’instant trois arrestations et deux blessés.
La Legal Team Rouen indique qu’une convocation n’a pas de caractère obligatoire et déconseille vivement de se rendre à ladite convocation. Le plus urgent est de contacter la Legal Team au numéro suivant : 07 68 84 84 92, ou par facebook : Legal Team Rouen.

Rappel :
LA LOI ELAN :

Le délais de deux mois pour quitter un bâtiment sera annulé. une intervention policière pourra intervenir immédiatement après la décision judiciaire.

La trêve hivernale sera supprimée pour les squats.

Occuper un bâtiment vide sera désormais assimilé à une violation de domicile, Les squatteurs risqueront 1 an de prison et 15 000 euros d’amende.

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