L’Accessoire de douche, le journal et les foules tenues en joue.

A Rennes, le 27 avril dernier, un policier à moto1 sortait son arme à feu et la pointait sur une foule des manifestants2. Un mois plus tard, le 30 mai à l’aube, plusieurs équipes de ses collègues défonçaient les portes de plusieurs appartements3 et arrêtaient sept personnes accusées d’avoir exercé, à l’aide, notamment, d’un accessoire de douche4, des violences à l’égard du motard belliqueux5.

Ce mercredi se tenait leur procès6. Le jour même, Libération7 publiait des photos de la scène8 et les présentait comme des preuves9 irréfutables des violences. Deux jours plus tôt, le même journal10 publiait une tribune en soutien aux accusés alors en détention préventive11. Serge Quadruppani, signataire de cette tribune, a immédiatement répondu, (ici).
Le juge n’a pas boudé son plaisir : des condamnations à la prison ferme (9 à 12 mois), auxquelles s’ajoutent des peines pour refus d’ADN ou des révocations de sursis antérieurs12.
Solidarité sans failles avec les inculpés de Rennes13.

1- Un policier à moto porte nécessairement un casque. Sa fonction est de précéder ou de suivre un cortège de manifestants et d’en assurer la circulation. A l’occasion, il donne des informations à ses collègues et balance ce qu’il croit avoir vu. En aucun cas, il n’est en capacité d’intervenir seul, et encore moins de commander seul à une foule.

2- Voir photo ci-dessus. Les sceptiques seront confondus.

3- Portes défoncées, certes, mais également écrasement et menottage au sol des interpellés et, de nouveau, braquage des armes sur des civils.

4- L’accessoire en question est un pommeau de douche. Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un policier en tenue de souffrir d’un coup de pommeau de douche.

5- Lequel motard a écopé d’un jour d’ITT. Pour comparaison, lorsqu’à Rouen, par un soir d’élections, une manifestante croise le chemin des policiers, elle en reçoit 15. (Voir ici.)

6- Ayant refusé la comparution immédiate afin de répondre au mieux à de graves accusations, les accusés ont été envoyés en prison. Trois d’entre eux avaient été libérés quelques jours avant le procès. En cas d’incarcération, faites toujours, dès que possible, une demande de libération. Plus de démarches = plus de possibles failles dans leurs dispositifs = plus de chances de sortir.

7- Libération prétend être un journal.

8- Prises sous deux angles différents, deux photos de la même scène semblent n’avoir rien à voir. L’enfant qui a déjà joué avec un appareil photo sait parfaitement cela.

9- Une photographie n’est pas une preuve. Elle peut vous enfoncer, instiller le doute contre vous, mais ne deviendra une preuve que si vous reconnaissez ce qu’elle semble vouloir dire. En garde-à-vue, ne vous reconnaissez jamais, contentez-vous de répondre « Je n’ai rien à déclarer ». Il sera toujours temps, plus tard, d’élaborer une réponse pour le juge, avec l’aide de votre avocat.

10- Le soi-disant journal ne souffre pas de schizophrénie, mais d’une misère. La peur de prendre parti, de prendre acte, de se prononcer contre l’état de fait (/de droit/d’urgence), de publier ses propres conclusions. Le journaliste, lui, en revanche, est un ennemi déclaré.

11- Certains diront « à peine un mois », qui ne supportent pas en général de perdre un quart d’heure dans les embouteillages. D’autres diront « presque un putain de long mois ».

12- Voir le compte-rendu paru sur Expansive.

13- Pendant que les manifestants se font emprisonner, la police continue mieux que jamais à tenir les foules en joue.

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