Saint Etienne du Rouvray : la mairie engage une bataille contre Enedis et interdit l’installation de compteurs Linky.

Après d’autres communes, la ville de Saint Etienne du Rouvray a signé le 20 septembre un arrêté municipal par lequel elle interdit le déploiement des compteurs Linky, dits intelligents, sur son territoire.

Un arrêté de suspension avait déjà été rendu le 23 juin 2017. Mais ce dernier n’avait pas été respecté par Enedis (1) qui avait continué ses installations dans la plus parfaite illégalité. Sur le fond, la Mairie avance qu’il n’existe pas de garantie du respect de la vie privée concernant la consommation. C’est le fonctionnement même du compteur qui est alors visé : celui-ci transmet en effet des informations en continu sur la consommation en électricité foyer par foyer. "Les données recueillies par ce compteur pourraient permettre aux fournisseurs d’électricité de prendre des décisions néfastes pour les usagers, comme les coupures à distance ou la diminution du flux lors des pics de charge", prévient le maire dans un communiqué publié sur le site de la Mairie.

Ce compteur est aussi un véritable petit mouchard capable de donner des informations précises sur la vie des habitants : heure du lever et du coucher jour par jour, nombre de personnes présentes, changement d’habitude, etc. « L’implantation d’un tel dispositif enregistrant en continu des informations personnelles, permettant d’identifier et d’enregistrer les conditions de vie de l’usager susceptibles de retranscrire ainsi le détail de la vie personnelle, meconnaît le principe de respect de la vie privée », peut-on lire dans l’arrêté disponible en ligne. A l’heure du juteux marché de la collecte de données (data mining), la mairie s’inquiète aussi de la commercialisation possible de ces données.

Sur la forme, la mairie pointe aussi les méthodes utilisées par Enedis. De manière générale, et c’est un problème pointé par les opposants, le consentement des résidents n’est pas requis pour l’installation d’un compteur s’il est accessible par l’extérieur. Il suffit alors de mettre les habitants devant le fait accompli. Dans le meilleur des cas, un courrier informatif est envoyé. De nombreux compteurs ont ainsi été posé pendant les vacances. Mais les choses se compliquent s’il faut rentrer dans la maison ou l’appartement. Non seulement Enedis a continué d’installer des compteurs en toute illégalité après le premier arrêt de suspension, et continuent encore après ce deuxième arrêté, mais en plus la société emploie des méthodes proches du harcèlement pour parvenir à ses fins : appels téléphoniques incessants, menaces de pénalités, menaces de coupure, refus de reconnaitre la validité de l’arrêté municipal quand des résidents s’en servent pour refuser l’installation, etc.

De nombreuses villes ont pris de tels arrêtés et certaines ont été attaquées en justice administrative par Enedis. Pour l’heure, la mairie fait savoir que ça n’est pas le cas.
A côté de l’action de ces mairies, il existe aussi de nombreux collectifs regroupant des opposants au compteur Linky qui avancent d’autres raisons de refuser cet appendice connecté : Coût de l’opération, hausse des factures, exposition aux ondes électromagnétiques, etc. Sur Rouen, il est possible de joindre Stop Linky Rouen Agglo pour s’informer et apprendre à mettre en échec les tentatives d’installation.

(1) EDF désigne le fournisseur d’électricité. Enedis, anciennement ErDF, désigne le gestionnaire du réseau. Celui-ci fait appel à des prestataires de service pour le remplacement et l’installation des compteurs qui prend 15 mn environ.

Publiez !

Comment publier sur A l’ouest?

A l’ouest n’est pas qu'un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail alouest@riseup.net