Appel à soutenir Gabriel le 8 septembre au TGI de Rouen

Le 21 décembre 2016, période où les poubelles débordent de nourriture, quatre personnes enjambent la barrière d’un grossiste alimentaire rouennais pour récupérer dans les poubelles de quoi nourrir leurs familles et amis.
Prévenue par un vigile, 2 véhicules de la BAC attendent qu’ils chargent leur voiture et les interpellent en flagrant délit. Menottés, ils sont transportés en fourgon au commissariat.

Devant le grand nombre de produits non périmés les policiers pensaient que les quatre personnes s’étaient introduites dans les locaux. Le lendemain, le responsable du grossiste constate et confirme que les aliments pris l’avaient été dans les poubelles (date de péremption dépassée ou défaut d’aspect).

Après 13 heures de garde à vue, ils ont été poursuivis pour des « faits de vol par escalade en réunion », selon les mots des policiers et du procureur. La récupération des aliments n’entraîne aucune effraction ni dégradation, l’escalade de la barrière d’entrée suffit juridiquement à créer les délits reprochés.

Trois d’entre eux - parmi lesquels une personne en recherche d’emploi, un travailleur indépendant, un salarié et un chômeur - ont écopé d’un rappel à la loi assorti d’une mise à l’épreuve de trois ans.

Le quatrième, refuse le prélèvement ADN et se voit poursuivi et convoqué devant le tribunal correctionnel de Rouen le 8 septembre 2017 pour les faits cités ainsi que pour « refus de signalétique » (ADN et empreinte).

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), un tiers de la production alimentaire mondiale est jetée. Nous produisons pour 12 milliards de personnes alors que nous sommes actuellement 7,4 milliards. Cependant, un milliard d’individus sont sous-alimentés.

Les matières premières alimentaires sont jetées pour maintenir l’équilibre des prix et du marché.
En France on punit donc le choix de lutter contre le gaspillage alimentaire alors que les associations caritatives sont submergées de demandes d’aides. Pourtant la loi du 11 février 2016 implique de responsabiliser et de mobiliser les producteurs, les transformateurs et les distributeurs de denrées alimentaires, les consommateurs et les associations contre le gaspillage alimentaire. La loi indique en effet que les actions de lutte contre ce gaspillage sont mises en œuvre dans l’ordre de priorité suivant : « 1° La prévention du gaspillage alimentaire ;
2° L’utilisation des invendus propres à la consommation humaine, par le don ou la transformation ... ».

A notre connaissance aucun grand distributeur n’a été condamné pour gaspillage alors que les condamnations pour récupérations alimentaires existent toujours. Ne pas accepter cet état de fait et lutter contre est pourtant l’esprit même de cette loi et du pacte national de lutte contre le gaspillage de 2013.

Condamner pour ces faits semble une aberration voire un non-sens.

  • Nous appelons donc tous ceux que cette situation indigne à venir affirmer leur soutien à l’accusé contre le refus du gaspillage le 8 septembre 2017 au Tribunal Correctionnel de Rouen à 13h30.

Publiez !

Comment publier sur A l’ouest?

A l’ouest n’est pas qu'un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail alouest@riseup.net