D’un héritage des luttes paysannes à l’occupation de la ZAD de NDDL – Retranscription part. 2

Nous retranscrivons ici sous forme d’article la discussion #3 du cycle de discussions “S’opposer au régime. Quelles expériences ? Quelles perspectives ?” (https://rouendanslarue.noblogs.org/files/2016/11/cycle-de-discussion.pdf) amorcé le 26 novembre dernier. Celle-ci traitait de l’héritage des luttes paysannes dans le Loire-Atlantique et de comment celui-ci se prolonge dans l’occupation de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. Ce qui suit est une intervention de deux habitants de la zone. L’intervention, dense, est restituée en deux parties. Voici la deuxième.

Quand on parle de l’héritage des luttes paysannes, ça peut être parfois confiné à l’imaginaire de l’alternative. Ce qui est intéressant dans l’héritage paysan en Loire Atlantique, c’est qu’il y a ce rapport très singulier au territoire et la volonté de défendre une certaine manière d’utiliser les terres, et à la fois, il y a une volonté chez les paysans de participer à des dynamiques révolutionnaires qui les dépassent. C’est pour ça que l’on va revenir à Bernard Lambert et les années 60. Avec lui, il y a l’idée de s’allier avec des gens qui ne sont pas forcément paysans et qui s’organisent pour un autre aspect du devenir-commune, qui n’est pas celui de comment on vit et on habite ensemble, de comment on organise l’usage, mais qui pense aussi comment on maintient le pouvoir à distance dans la manière dont on a d’habiter, et de comment on renverse un pouvoir établi. Ça c’est la commune insurrectionnel et non plus simplement la commune féodale, tout cet archipel de villages qui pendant le moyen âge ont réussi à tenir à distance le pouvoir féodal, mais une autre sorte de commune, comme la Commune de Paris, qui est un surgissement non pas à la périphérie mais au cœur du pouvoir, qui n’essaye pas de le tenir à distance mais bien de le renverser. Et ça c’est quelque chose qui s’est éprouvé à peu de choses près à Nantes entre le 24 et 31 mai 1968.

I. Mai 68 : la commune de Nantes

I.1. Un contexte d’ébullition

Il y avait un contexte préalable dans les années 60 où l’ouest de la France est l’une des régions les plus agités. Il y a un certaines franges de la population qui s’organisent et qui débordent de l’intérieur les forces syndicales qui sont habituellement celles qui les représentent. D’un côté avec les paysans il y a cette histoire des paysans en lutte et Bernard Lambert qui prend le contrôle de la branche du CDJA (centre départemental des jeunes agriculteurs, syndicat paysan) et qui essaye de l’amener sur des positions révolutionnaires et de participer au soutien des grèves, du ravitaillement.

De l’autre côté dans le monde ouvrier, il y a deux syndicats, CGT et FO, qui sont en rupture avec leurs directions nationales au niveau local. En 55 à Saint Nazaire et à Nantes, il y avait eu des grèves très dures avec des ouvriers qui meurent, des affrontements qui durent des heures, où on tente déjà d’incendier la préfecture de Nantes. Le leader de FO est une sorte d’anarcho-syndicaliste survolté et le leader de la CGT a été élu car c’était l’un de ceux qui sur le port avait montré le plus de détermination en 55.

A côté de ça, dans le milieu étudiant, il y a la jeune UNEF qui est tombée sous le contrôle d’une bande d’étudiants situs inspirés des étudiants de Strasbourg qui dès décembre 1967 agitent l’université, virent les psychiatres, envahissent les cités de filles et les cités de filles qui envahissent celles des garçons, manifestation et affrontements au rectorat en février. Donc il y a un espèce de contexte avant 1968 à Nantes qui fait qu’un peu tous les secteurs qui vont être dans la lutte en 1968 commencent déjà à être en lien et à composer entre eux. Ils sont tenus par des minorités qui sont en rupture avec les appareils nationaux et qui ont pris le contrôles des appareils locaux. Tout cet état d’agitation fait que la manifestation du 8 mai à Nantes est prévue depuis 6 mois. Elle est déjà appelée mais n’avaient pas encore présagé mai 68. Nantes ça va partir très fort à différents endroits. A la fac dès décembre, et au niveau ouvrier, Sud-aviation sera la première usine occupée de France avec occupation et séquestration du patron par la même occasion. Au début c’est une grève perlée qui ne marche pas très bien puis est décidée une occupation avec séquestration, on garde M. Duvochel dans son bureau en lui passant l’Internationale en boucle avec tous ses cadres pendant qu’à l’usine s’organisent des kermesses et des messes. Il y a 27 piquets de grève qui encerclent l’usine qui sont tenus et relayés. L’organisation de la grève se fait autour de ces piquets. Chaque feu à chaque porte d’usine envoie un délégué. C’est un peu la base de l’organisation et les gens vivent des scènes extraordinaires. Ils dorment dans des emballages de frigidaire, ils font la fête, ils habitent l’usine pendant des semaines. Et il y a quelque chose d’assez notable, et ça c’est Michel Tarin qui racontait ça à propos des chantiers navals, et il dit que les usines s’ouvraient aux familles. Les familles qui n’avaient jamais mis les pieds à l’usine d’un coup voyaient où leurs maris, leurs pères bossaient.

A cette période la tension monte et il y aura deux moments clés. Il y aura d’abord cette manifestation du 24 mai où ils vont tenter pour la deuxième fois dans le mois de mai à Nantes d’attaquer la préfecture. La première fois le préfet avait demandé l’autorisation d’ouvrir le feu, refusée par le ministère de l’intérieur. Et le 24 mai, la deuxième fois, à cette occasion le cortège de tête est composé des tracteurs des paysans où il y a une foule d’ouvriers et d’étudiants qui envahissent la place royale et qui la rebaptisent la place du peuple. Le cortège de tracteurs qui est censé retourner vers les fermes emportent la foule et la ramène en ville, passe devant la préfecture, et là évidemment c’est l’assaut de la préfecture. Donc plein de bagarres, de pavés, d’arbres abattus cours des 50 otages mais aussi et surtout les ouvriers qui essayent de démarrer une pelle mécanique qui a été laissé là. Ils n’y arrivent pas au début mais quelqu’un parvient finalement à la démarrer et il va avec commencer à attaquer méthodiquement la balustrade de la préfecture de Nantes. Au point culminant de cette émeute il y a cette pelle mécanique mais aussi la préfecture qui commence à brûler.
Ça pourrait ressembler à n’importe quel récit que l’on a de la Sorbonne par exemple, en tous cas de n’importe quel récit de l’agitation insurrectionnelle dans la rue sauf que ce qui est notable à Nantes c’est quele mouvement ne s’arrête pas là. Le soir du 24 mai il y a une période qui s‘ouvre et qui va durer entre le 24 et le 31 mai où le préfet est seul. Il n’a plus aucun agent qui travaille pour lui qui ne soit en grève ou en fuite. Il n’a plus qu’à sa disposition qu’un huissier. De Gaulle à ce moment-là est en vadrouille. Donc pendant cette période il n’y a plus à Nantes de visibilité d’un pouvoir institué, le préfet n’a plus prise sur rien. Va alors se mettre en place une forme d’auto-organisation du mouvement qui dépasse le seuil de l’émeute, qui dépasse le seuil de la grève générale où tout est bloqué. Il ne s’agit plus de brûler les symboles de pouvoir et de s’attaquer à la police, il s’agit maintenant d’organiser, maintenant que l’on a tout bloquer, le ravitaillement, la vie quotidienne et la nouvelle vie quotidienne qui s’ouvre dans ces six jours, entre le 24 et 31 mai.

I.2 Vacances du pouvoir et auto-organisation

Ça va se faire par plusieurs couches, et ce moment c’est ce que Yannick Guin va appeler la Commune de Nantes, ce qui a d’ailleurs donné lieu à un certain nombre de controverses. En tous cas, c’est une expérience où le pouvoir est absent et à sa place, dans ce vide laissé par le pouvoir, s’engouffrent plusieurs formes d’organisation que je vais essayer de décrire.

A la base, il y a les comités de grèves c’est à dire à la fac, ou dans chaque usine, il y a des comités inter-syndicaux, mais qui rassemblent aussi des gens non-syndiqués, qui organisent le piquet, la lutte au quotidien là où ils sont. Sauf qu’à un moment, la lutte commence à sortir de l’usine parce que notamment aux Batignolles, un quartier ouvrier de Nantes, il y a un groupe de femmes qui font partis d’associations familiales et qui décident d’organiser le ravitaillement. Elles disent, c’est très bien la grève mais il faut quand même que l’on mange et que l’on s’organise pour le quotidien, l’intendance. Elles proposent de créer des comités de ravitaillements et donc elles passent dans le quartier avec le haut-parleur, elles ameutent une réunion publique qui a lieu aux Batignolles et à l’issue de cette réunion il y a 15 délégations de 10 femmes qui vont rencontrer le syndicat paysan de la Chapelle-sur-Erdre, le village de paysans le plus proche, pour organiser un réseau d’échange, un réseau de distribution de denrées alimentaires sans intermédiaire. Ca va s’appeler les comités de quartiers. Il y a donc les comités de grève qui dans les lieux où ça bloque et ça lutte, organisent la lutte, et les comité de quartiers qui organisent le ravitaillement et le lien entre ces comités de grève et l’extérieur. Les denrées viennent des paysans eux-mêmes. Ils diffusent massivement des tracts qui dit qu’on est à une phase très particulière de la grève. A Cheviré, les ouvriers de la centrale électrique ont coupé les lignes mais ils décident aussi de ce qu’ils rebranchent. Ils rebranchent les hôpitaux, la laiterie pour que les paysans puissent faire du lait et pour les ravitailler. Donc les paysans disent qu’il y a des gens qui sont en train de lutter, de perdre des journées de salaire, qui se retrouvent dans le besoin, ils font en sorte dans leur grève de ne pas nous impacter nous car ils considèrent que nous sommes du même camp, donc en retour on leur alloue une partie de notre production. Il y a déjà des liens préexistants entre les syndicats ouvriers et les paysans-travailleurs, et ça va s’amplifier très fortement avec les comités de quartier avec les femmes de chaque quartier qui répartissent et qui organisent.

A partir du 24 mai, il va y avoir quelque chose de très particulier qui n’a eu lieu qu’à Nantes qui va s’appeler le comité central de grève. Qu’est qu’il se passe après que la préfecture soit en partie brûlée ? Eh bien on occupe la mairie, on occupe la chambre d’agriculture, et là à la mairie il y a une espèce de réunion exceptionnelle de l’intersyndicale qui se pose pour la première fois la question non plus de comment organiser la grève mais de comment organiser le ravitaillement sans casser la grève ? Qu’est ce qu’on rebranche, qu’est ce qu’on rallume. Ce comité central de grève réunit tous les syndicats ouvriers et paysans qui sont dans la lutte et à partir du 30 mai seulement il réunira aussi les étudiants. L’objet principal du comité central de grève c’est la distribution des bons d’essence.

A Donges, le secteur pétrolier est en grève et pour faire tourner un minimum de chose, le comité délivre des bons aux paysans qui font le ravitaillement, aux camionnettes de la municipalité qui sont réquisitionnées pour ravitailler les quartiers en denrées alimentaires etc. Et ce comité central de grève aussi, si son existence est réelle et non simplement bureaucratique, c’est que le soir de sa constitution le 24 mai, il y a un ensemble de barrages routiers qui sont établis aux quatre portes de Nantes et tenus par le syndicat de transporteurs FO, qui étaient vraiment déterminés à cette époque, et les étudiants qui s’entendent très bien ensemble. Donc ce qui va donner suite à l’émeute ce n’est plus son amplification, il n’y a plus de préfecture ni rien, mais c’est de faire des blocages aux portes de la ville et ce qui légitime ces blocages ce sont les tickets du comité central de grève. On laisse passer les voitures particulières et on arrête toutes les marchandises qui ne sont pas prises dans le cadre de la distribution des comités de quartier, des comités de grève et du comité central de grève.

C’est une situation qui va durer comme ça plusieurs jours, du 24 mai jusqu’au 31. Deux choses expliquent comment ça s’arrête. Au bout d’un moment, quand le contexte national devient très pesant, De Gaulle va faire un référendum et puis des élections. C’est une manière de pacifier qui a son effet. Autant pour nous, la consultation sur la question de l’aéroport n’a pas trop marché. L’autre aspect c’est que le seuil qui est franchi à Nantes commence juste avant que partout ailleurs l’intensité chute, mais qui chute aussi à cause de la répression. Il y a des morts, des piquets de grève qui se font violemment réprimer. En tous cas, ce petit moment de 6 jours, pour nous, il est précieux, c’est l’un des points de départ pour repenser aujourd’hui ce que pourrait être une période de suspension, d’absence du pouvoir.

II. « Loi travail » à Nantes

Ce qu’on peut dire de la loi travail à Nantes, c’est ce que ça a été très en dessous ce qui a pu se passer en 68, mais pour autant, il y a quand même des choses qui permettent de se lier à ce moment là. Il y a aussi des choses avec le mouvement anti-aéroport, et plus spécifiquement la ZAD comme imaginaire, qui a existé à Nantes pendant le mouvement. Je vais citer trois formes d’apparition, qui sont assez distinctes, mais intéressantes à évoquer : la première est comment les tracteurs se sont invités aux manifestations, qui ont conditionné l’apparition du mouvement dans la rue. La deuxième c’est une alliance politique singulière qui a existé avec un secteur de la CGT et la troisième c’est la manière dont l’imaginaire de la ZAD a existé au sein d’un piquet de grève particulier.

II.1 Les tracteurs arrivent en ville

Au début, le mouvement anti-aéroport dans toute sa diversité n’a pas pris position vis à vis du mouvement loi travail. Mais très vite des occupants, des habitants se sont organisés avec des paysans de COPAIN pour le ravitaillement d’un bâtiment de l’université de Nantes qui était occupé nuit et jour. C’était un ravitaillement avec des produits de la ZAD et des fermes autour, et en rendant visible cette pratique, on prolonge quelque part ce qu’il s’est passé en 68. Il y a eu plusieurs manifestations en mars où les tracteurs sont venus aux manifestations puis à la fac avec des remorques remplies de victuailles et qui a donné lieu à une discussion en AG sur cet héritage là. Un autre moment où les tracteurs ont été présent, c’était lors de la manifestation du 31 mars. En étant visible avec les tracteurs et des banderoles, on a rendu visible que le mouvement anti-aéroport était présent dans une lutte qui ne concernait pas directement la question du transfert de l’aéroport. Donc ça a été les deux manières où des habitants et occupants de la ZAD ont été présents dans les rues de Nantes, et ça suscité tout un tas de débats car dans le milieu syndical il y a des personnes qui sont farouchement opposées à la ZAD et favorables au nouvel aéroport. D’autres à l’inverse soutiennent la lutte.

II.2 Alliances syndicales

Ensuite, le deuxième point, c’est une alliance particulière qui s’est créée et qui connaît aujourd’hui une suite, une continuité. C’est une rencontre pendant la manifestation du 31 entre des occupants de la ZAD et des syndicalistes d’une section CGT d’AGO (AGO qui est le concessionnaire du futur aéroport s’il se construit et qui est déjà le concessionnaire de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique). C’est une section de la CGT où les personnes travaillent à l’aéroport principalement en tant que bagagistes et sont plutôt opposés au transfert car ils y voient la perte de leur emploi. Ils n’imaginent pas déménager près du nouvel aéroport et ils imaginent que leurs emplois seront les premiers emplois qui sauteront si le transfert a lieu. Donc à ce moment-là, dans le cadre de la loi travail, ils développent tout un tas de revendications qui sont liés aux conditions actuelles de leur travail à l’aéroport de Nantes-Atlantiques. Pour eux il y a un intérêt à rencontrer les gens de la ZAD, et le fait que l’on descende ensemble dans la rue, ça créé une accroche. Et par ailleurs, ce sont les derniers à rester avec leurs camions, leurs banderoles même au milieu des lacrymogènes, dès les premières manifs. De cette rencontre naissent des possibilités de blocages communs, notamment sur cette énorme infrastructure qu’est l’actuelle aéroport de Nantes. C’est ce qui va tenter de se faire une première fois, avec plus ou moins de réussite. Comme en 68, on laisse passer les gens qui prennent leur avion, mais tous les camions de marchandise qui vont dans l’usine Airbus présente sur le même site sont bloqués par les syndicalistes et occupants de la ZAD. La deuxième fois, il y a la volonté d’aller plus loin et les tracteurs participent sauf qu’évidemment à ce moment-là il y a un énorme dispositif policier qui rend impossible l’action. C’est assez tard dans le mouvement, c’est le 14 juin au moment où il y a la manifestation nationale à Paris, au moment où le mouvement commence à décliner.

II.3 L’imaginaire ZAD au cours de la « loi travail »

Le troisième point c’est la manière dont l’imaginaire de la lutte anti-aéroport et de la ZAD a existé dans un moment particulier qui était le blocage de la raffinerie et du dépôt pétrolier de Donges. Il faut savoir que Donges est une place forte du syndicalisme local et notamment depuis le mouvement contre les retraites en 2010 où ça a été le point central des opérations de blocage et là où les gens se rencontraient. Pendant la « loi travail », en mai au moment où le mouvement de lutte prend en France une tournure d’actions syndicales et notamment de blocages d’usines et de grèves, il y a un gros piquet de grève et des barricades, et il y a un peu toutes les forces combattantes du mouvement qui se retrouvent là, qui discutent, et ça dure pendant deux semaines. Il y aussi toutes les sections syndicales qui n’ont pas envie d’arrêter le mouvement à ce moment-là qui se relaient pour tenir les barricades. Pendant ces deux semaines il y a tout un tas de discussions et notamment sur la question de la ZAD et de l’aéroport puisque se relaient des sections syndicales opposées au projet et d’autres opposées à la ZAD. Ce qu’il se passe dans ces discussions, ce n’est pas les contradictions habituelles entre les « pro » et « anti » mais c’est le fait que pour beaucoup de syndicalistes qui tenaient ces piquets de grève la ZAD, le mouvement anti-aéroport étaient perçues comme une manière d’inscrire une lutte dans le temps et de ce fait de tenir un rapport de force sérieux avec le pouvoir. Ce qu’ils n’arrivent pas à faire depuis 2010. Déjà à ce moment ils avaient bloqué pendant plusieurs semaines et là au printemps, en bloquant, ils sentaient encore que ce n’était pas par cette forme qu’ils allaient aboutir. Il y a avait comme ça un imaginaire de la ZAD qui était envisagé comme une lutte victorieuse jusqu’à un certain point dans un rapport de force avec le pouvoir.

Donc ça c’est selon moi les trois manières avec lesquelles le mouvement anti-aéroport a existé dans l’intensité du printemps passé à Nantes.

Ce qui est intéressant avec ce qu’il s’est passé ces derniers mois c’est que l’on peut constater qu’il y a un prolongement, il y a une partie des sections syndicales rencontrées pendant le mouvement qui sont venues à plusieurs occasions sur la ZAD, découvrir le terrain, rencontrer les gens et les formes d’organisation. A côté de ça il y a une inter-syndicale qui s’est créée entre différents syndicats autour de la question stricte du transfert de l’aéroport et qui participe aux assemblées du mouvement et qui permet d’autres perspectives dans le monde du salariat quant à l’opposition au projet. Et ce qui est important de retenir c’est que cet ensemble de liens et de rencontres qui se sont faites et densifiées pendant le mouvement ont eu un rôle au moins partiel dans le fait que le gouvernement ne soit pas intervenu sur la ZAD cet automne. Le mouvement de lutte a la possibilité aujourd’hui de renforcer toutes ses alliances pour faire face au nouveau gouvernement et à une possible intervention avant l’hiver prochain. En miroir de ça, c’est aussi intéressant d’imaginer que le prolongement de ces rencontres il va aussi permettre que s’il y a un nouveau surgissement politique dans les rues de Nantes ces prochains mois ou prochaines années, la continuité qui aura été construire dans ces liens et ces rencontres pourra nous permettre de gagner en force et en puissance, et surtout en capacité de coordination entre les différentes forces qui se bougent dans la rue à Nantes et qui prennent au sérieux l’idée de tenir un rapport de force, et d’aller au bout d’une lutte.

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