Une Loi sur les fake news, vraiment ?

Lors de la traditionnelle présentation des vœux à la presse, le président Emmanuel Macron a annoncé vouloir doter le pays d’une loi contre les « fake news », mais aussi « la propagande », visant explicitement les réseaux sociaux. Une loi qui pourrait être élargie très rapidement à une grande partie des médias alternatifs.

Facebook et Google semblent décidés à lancer une offensive pour des raisons semblables à celles avancées par le président de la république. En effet, des pages ont été supprimées sous prétexte de non-respect de la charte Facebook ou ne sont plus référencés dans le moteur de recherche : ces suppressions ont touché par exemple un site satirique tel que Nordpresse – équivalant belge de legorafi – ou la page Urgence notre police assassine, du collectif du même nom, qui fait état des violences policières. Heureusement le collectif a recréé aussitôt une nouvelle page « Urgence notre police assassine : page de secours » sur laquelle on a pu découvrir cette semaine une vidéo qui mettait à mal la version de la police concernant un policer blessé à Aulnay-sous-Bois le 1er janvier 2018 que l’ensemble de la presse traditionnelle avait relayé sans la moindre vérification. (cf. cet article pour exemple)

Sur la vidéo publiée par Urgence notre police assassine, on peut voir un policier, à califourchon sur un adolescent de 14 ans étendu sur le sol, le frapper violemment. Une version donc bien différente de ce qu’en racontait les médias principaux.

Le président de la république semble très soucieux d’empêcher donc toute sorte d’information non contrôlée émanant des réseaux sociaux. Les médias alternatifs sont la première cible de cette nouvelle loi mais elle touche également les médias étrangers comme RTFrance ou Spoutnik média qui ont, certes, la particularité d’être russes, mais surtout bien moins complaisants avec la politique du gouvernement Macron que la plupart des grands médias français : l’exemple le plus flagrant étant la fameuse interview de Delahousse à l’Élysée.

On peux donc légitimement se demander à quoi et à qui va servir cet nouvelle loi, car une loi semblable existe déjà : la loi du 29 juillet 1881. Elle formule ainsi :

La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros.
Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation.

La nouvelle loi du gouvernement Macron prévoit quant à elle de bloquer et supprimer « l’accès à certains sites internet qui diffuseraient de fausses informations » par l’intermédiaire d’un juge.
Or évidemment, le seul à pouvoir déterminer ce qui relève de la fausse information sera le gouvernement, distribuant bons points ou mauvais points, et s’octroyant le droit de supprimer toute information le mettant à mal. Comme l’a pu faire Facebook avec l’exemple d’Aulnay-sous-Bois cité plus haut.
Le retour de la bonne vieille censure, en fait ?

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