L’Etat se saisit du crime et veut sidérer

« Et quand le hasard fait que le peuple n’a plus confiance en personne, comme cela arrive parfois, ayant été trompé dans le passé par les choses ou par les hommes, on en vient nécessairement à la ruine. »
Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live.

De la même façon que, de nos jours, il est de plus en plus difficile d’être con, chacun sait combien rien d’humain ne peut se faire sous l’empire de la peur.
Et nul besoin de faire une étude en profondeur de Machiavel pour savoir combien l’Etat est prompt à profiter d’un crime, voire même à le mettre en scène, dans les périodes cruciales où sa domination commence à être ruinée par un mouvement profond.
Partout, tant de personnes ordinairement dépossédées de tout pouvoir sur le cours de leur existence, - et donc négligées - se maintiennent comme absolument non négligeables par leur refus en actes d’être davantage taillables et corvéables à merci.
Partout, la force brutale des bandes armées de l’Etat, garantes de la liberté du commerce et de la liberté d’exploitation, échoue à créer plus de peur, elle approfondit au contraire la révolte et produit une détestation généralisée et ancrée des polices.
Le mouvement a su ne pas se laisser dévoyer par quelques politicards que ce soit, qui en ont déjà tant croqué dans le passé, y compris par ceux qui ont rêvé - en vain jusqu’à présent - de dévier la colère dans la haine anti-migrants, le racisme et la xénophobie et qui veulent faire Führer.
Partout, l’enfumage macronien du 10 décembre a échoué.

Il a été dit que le pouvoir réel pourrait bien jouer, entre autres, la carte d’attentats qu’il imputerait alors au mouvement ou à une de ses composantes en même temps que celle de « l’état d’urgence ».
C’était oublier aussi la carte de l’attentat terroriste dit « islamiste », avec laquelle tous les partis de la domination sont prêts à jouer ! Le pouvoir réel est toujours prêt à jouer avec le feu.
Quelles ont pu être les conditions de réalisation de la tuerie de Strasbourg ce 11 décembre au soir - dans un moment où précisément le mouvement dit des « Gilets Jaunes » paraît à un tournant assez décisif - n’est pas une question si annexe. Peut-être en saurons-nous davantage bien plus tard.
Depuis hier soir, c’est en boucle incessante que tous les médias mettent en scène Macron et ce gouvernement qui frôlent la ruine.
Ainsi vont-ils « sauver les Français du péril », (quand ce sont eux qui, justement, sont en péril), avec toutes leurs polices qui « savent beaucoup de choses et qui ont besoin de réserve, de retenue et de la sagesse du silence » pendant qu’à nouveau les pousse-à-un-tout-autre-crime relancent à tue-tête la si laide et si xénophobe Marseillaise (qui n’a jamais été le chant d’une armée révolutionnaire !!! mais bien celui de l’ Etat aux mains pleines de sang).
Le mouvement de révolte de tous ceux et celles qui ne décident à aucun degré du cours abject de ce
monde immonde (qui ne produit partout qu’une désolation aggravée multiforme) se trouve donc médiatiquement objet d’une tentative de meutre, comme mis à mort, comme relégué à n’être plus rien : ce que le pouvoir réel veut enfoncer dans le crâne de tous c’est que ce qui prime maintenant c’est « l’unité nationale » et que c’est pour cela qu’il a cette bonté d’agir immédiatement « la protection des Français » avec « Vigi-pirate » et « Urgence attentats » et leur cortège hautement spectacularisé de contrôles sécuritaires partout. « Allez ! Sages ! Maintenant, rentrez à la maison !  ». Dans cette opération qui vise à nous réduire à « un peuple de sourds et de muets qui se borne à contempler le spectacle », il est peu ou prou assuré de la participation de tous les autres pouvoirs concurrents, y compris ces bureaucrates-chefs de confédérations syndicales qui le 6 décembre, acceptant d’aller rencontrer Macron, affirmaient qu’ils « dénoncent toute forme de violence dans l’expression des revendications », omettant même d’évoquer les violences policières et autres répressions en cours.
L’Etat lâche des miettes à ce mouvement qui a vraiment très faim et dont une victoire de taille réside dans le fait d’avoir cessé de compter en sachant compter les uns sur les autres, sans intermédiaires.
L’Etat nous veut tous et toutes obéissants, rentrés à la maison, rampants et gouvernés par les coups.
Ce sont notamment la naissance et la coordination de Commercy par milliers qui sauront renforcer l’auto-organisation, les actes du mouvement et son contrôle de qui parle en son nom.

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