Pourquoi j’irai manifester les 7 et 8 mars

Je pourrais juste dire que depuis un an et demi, ça a du sens de manifester chaque fois qu’on en a l’occasion : tous les samedis Gilets Jaunes, quand Lubrizol explose et qu’on est empoisonné, pour tous les appels syndicaux et non syndicaux contre la réforme des retraites.
Donc là, oui, aussi, pour les femmes.

Non pas pour les droits des femmes, parce que les problèmes de privilèges dépassent de loin la question de la législation et sont plutôt constitutifs du monde dans lequel on vit.
En 1987, les femmes de la librairie des femmes de Milan écrivaient déjà :

Les comportements sont soit interdits soit légalisés, sans concevoir qu’il existe une large gamme de comportements tolérés ou simplement possibles, sinon à inventer, à rendre possibles. […] Quand une loi est formulée, son existence compromet ensuite la possibilité de faire de meilleurs choix et impose sa logique.
Ne crois pas avoir de droits, traduction française de 2017, parue aux éditions La Tempête.

Se battre pour de nouveaux droits, c’est renoncer à toute politique autonome des femmes ; ce n’est plus déconstruire des normes, mais construire un nouvel ordre établi.

L’actualité médiatique nous en donne un exemple flagrant : une législation peut agir sur Roman Polanski, il peut être condamné dans un pays pour des violences faites aux femmes (et à des enfants !) mais il appartient justement à ceux qui font les règles.

Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, les exactions de votre police, les césars, votre réforme des retraites. En prime, il vous faut le silence des victimes.

(Tribune de Virginie Despentes dans Libération en réaction à la Cérémonie des Césars où Roman Polanski – qui a violé et reconnu les viols de plusieurs femmes/enfants – a été couronné meilleur réalisateur.)
Il ne s’agit pas ici des droits qu’ont ou n’ont pas les femmes, mais des privilèges sociaux en général. Il y a des puissants, et il y a les autres.
Si je vais à la manifestation ce week-end, c’est donc parce que tout est bon à prendre pour rappeler aux puissants qu’ « On es là, on est là, on est là, même si Macron ne veut pas nous on est là... »

La différence ne se situe pas entre les hommes et les femmes, mais entre dominés et dominants, entre ceux qui entendent confisquer la narration et imposer leurs décisions et ceux qui vont se lever et se casser en gueulant.

Tribune de Virginie Despentes dans Libération.

Voici donc les différents rendez-vous du week-end :

A Rouen :

Samedi 7 mars :
  • 14h30 : Manifestation, départ Place du Vieux Marché.
  • A l’issue de la manifestation, Flashmob organisé par la Café Couture, exposition « Viva la Vulva » et apéro féministe.
Dimanche 8 mars :
  • 12h : place des Emmurées, pique-nique féministe et discussions.
  • 15h : atelier fabrication de vulves au Café Couture.

A Paris :

Samedi 7 mars :
  • 19h : Marche nocturne féministe, place de la navigation.
Dimanche 8 mars :
  • 14h : Marche, départ place d’Italie.

Et, pour le fun, une petite vidéo divertissante sur l’objet femme...
Girls Girls Girls Magazine – Be A Lady They Said

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